Le prétexte

En hommage à Raymond Queneau, la blogosphère présente une version remixée des fameux EXERCICES DE STYLE. Un projet piloté par Clarence L'inspecteur, en collaboration avec du monde qu'il a déjà vu et du monde qu'il n'a jamais vu. N'importe qui peut participer et prendre en charge une version/contrainte. Il s'agit d'abord de la réclamer, de l'écrire, et de la publier sur son propre blogue. Elle se retrouvera finalement ici, avec un lien en indiquant la provenance. Pour réclamer une version, laissez un commentaire ici ou écrivez à l'adresse suivante: clarencelinspecteur@yahoo.ca

mercredi 30 mars 2011

56. TACTILE

Comprimée. Comme dans une chambre hyperbare sans oxygène. La ligne orange dans le trafic. Mon petit matin bombardé de textures moites et chaudasses. Mon café renversé comme une averse bouillante et soudaine sur ma jolie robe à imprimé Liberty rose pâle, pâle, pâle. La chaleur trop vive sur ma peau juste un peu bronzée du début de l'été, l'humidité collante d'un expresso déversé dans un décolleté au lieu d'être bu d'un trait. À cause d'un pauvre con qui jouait du coude. Sa cravate orange métallique de douchebag qui ne voulait pas collaborer. Pognée dans porte. Quel débile avec ses pompes de dégénéré. On dirait des chaussons blancs de poupons. Pas moyen qu'il s'excuse poliment et lève les feutres comme un parfait pas de classe. La vague sensation que tout le monde est beaucoup trop dans ma bulle. Comme s'ils me grattaient l'intérieur de leurs regards trop appuyés et que leur souffle à l'unisson me balayait le visage d'un vent désagréable de papier sablé à l'haleine réchauffée et laiteuse. À la station Sherbrooke, alors que la meute de bozos effectue enfin un changement de formation, je m'assois à côté d'une jeune fille scotchée à son i pod qui fait semblant de chanter, mais qui n'a pas manqué une seule seconde de ma grande épopée matinale. Elle se mord les joues pour réprimer son couinement nerveux de hamster hystérique. C'est que le macho de première au look tellement pas branché se confond en excuses depuis au moins Beaubien en tentant d'éponger maladroitement et presque incestueusement la map de café gris au beau milieu de ma journée gâchée. De l'insignifiant banc de plastique orange bien collé à ma cuisse découverte pour cause de robe trop courte, et maintenant juteuse, je l'insulte cordialement pour ne pas le mordre de rage, planter mes dents dans son épiderme qui goûterait probablement une version encore plus cheap que le Old Spice de Dollorama et serrer à m'en exploser la mâchoire.

Dégoût de la proximité logé dans chacun de mes pores. Excédée par la foule insignifiante comme un ongle incarné. L'autre qui me gosse comme une mini coupure de feuille de papier entre deux doigts. Insupportable. Tannant. Désagréable. J'accepte finalement son vingt piasses (pour une autre jupe qu'il me dit…) juste pour être certaine qu'il cesse de gratter ma patience comme l'urticaire piquante générée par cette ride de métro cauchemardesque.

Bibliothèque Nationale. Ma revue de littérature qui doit avancer malgré tout. Damn! On dirait que le plus bel apollon de la ville est venu trainer dans les rayons au lieu d'aller escalader le Mont Royal. Et, en ce bad dress day où j'ai l'air de triper sur la fragrance vieux criss de café frette no 5, il choisit avec désinvolture et confiance de venir effeuiller le Monde Diplomatique à ma table de travail. La mine en berne, les épaules voûtées et le frisson de la honte comme un fardeau de mille livres sur mon petit corps recouvert d'un genre de tapis moisi, je tente d'avoir l'air de contrôler ma panique. En fait, je me démolie de l'intérieur, je ne lis pas, je fixe mes textes avec l'espoir fou de me confondre dans le paysage. Son téléphone sonne! L'employée de service, une asiatique d'un certain âge à la voix caressante comme du miel chaud vient lui demander cordialement d'éteindre son appareil téléphonique. Elle ne manque pas non plus de remarquer l'objet brun de mon désarroi et de le souligner au gros marqueur funky fluo…De l'eau froide et du jus de citron qu'elle me conseille. Ouais! Merci bien! En croisant le regard amusé du mannequin déguisé en intellectuel accessible, j'ai vraiment fait une face de citron sûr. Mais quelle poisse!

lundi 21 mars 2011

55. GUSTATIF

À cette heure, je commence à avoir faim, moi! Toute cette couleur orange à chaque station me donne envie d'un canard, tiens! Juteux et cuit à point... j'oserais même, accord inusité certes, mais bon j'en ai envie, un bon verre de sauternes pour l'aider à descendre doucement vers mes enzymes enthousiastes. Mmmh, menoum! Mais! Mais qu'est-ce que c'est que cet hurluberlu?!? Pouah! Tu parles d'un turn off! Il me rappelle exactement ces assiettes de boudin rôti servies dans mon enfance alors que je devais mastiquer pendant de longues minutes cette brune mixture fade de sang cuit qui me roulait dans la bouche indéfiniment. Et même ses chaussures me rappellent les petits oignons marinés servis avec cette pouasse! Jusqu'à sa cravate horizontale, ridiculement coincée dans les portes me rappelle les tranches de bacon trop cuites, raides et froides, qui niaisaient à côté du boudin dégueux. Beurk... j'ai comme un p'tit goût de reflux gastrique qui me remonte tout à coup.

Heureusement, une fraîche cascade de rires clairs sortant de la pulpeuse bouche framboise – ah, ces petits fruits gorgés de soleil et de rosée qui explosent de saveur lorsque cueillis le long des sentiers de canicule – de la jeune fille au teint de pêche me ramène au glouglou de mon verre de sauternes. Mais qu'est-ce qu'elle rigole, la belle! Elle se fend la poire pas à peu près. Le boudin en prend pour son compte! Et woush! Dès que les portes s'ouvrent, il disparaît comme restants aux poubelles! Bon débarras! Non mais sa seule vue couperait l'appétit à un banc de piranhas a jeun!

Mais c'est que j'ai de plus en plus faim, moi là... et en plus, fallait que je vienne rapporter ce livre de cuisine emprunté à la Grande Bibli avant de rentrer souper... Argh! J'aurais dû m'apporter un en-cas... des dattes fourrées au fromage bleu... mmh le mélange de sucré-salé parfait... ou des figues séchées... des amandes au tamari... NON MAIS J'HALLUCINE OU QUOI!!! Si c'est pas le boudin, juste là, avec sa tranche de bacon en biais et ses p'tits oignons puants! En plus, son cellulaire émet des sons de borborygmes à tue-tête!! Ah ben justement, en pensant "amandes", il y a une paire de yeux là qui le cuisent sur place. Ouch! V'là-t'y pas qu'il mange une de ces taloches en direct du soleil levant! Ha,Ha!! Ben bon, le boudin!
Tiens, ça me donne envie tout-à-coup de me payer de l'asiatique dans le coin, tout ça... des légumes croquants... du gingembre... un bon riz collant et... du canard?

vendredi 11 mars 2011

54. OLFACTIF

Fumet de cul mal torché l’été, vague odeur d’humidité poisseuse et de moisissure qui prolifère sous les vieux manteaux l’hiver, le métro de Montréal est un show de pyrotechnie olfactive, trois piastres le billet, 365 jours par année, si bien que j’en suis rendu à bénir le rhume des foins.

Le pire, c’est Berri-Uqam à l’heure de pointe. Tu te retrouves toujours entre deux aisselles qui sentent au mieux les Lays sel et vinaigre, au pire le simili fromage. Des fois c’est toi qui pu, des fois c’est quelqu’un d’autre, mais par la force des choses et pour le dire gentiment, il y a toujours une personne moins fraîche dans le lot. Aujourd’hui, en allant à la station Mont-Royal, alors que j’étais coincé au centre d’une horde de professionnels qui sentaient le Gucci, le Spray-net et/ou l’haleine de café froid, un monsieur est entré en courant et sa cravate est restée prise entre les portes. Son veston brun devait avoir au moins cinquante ans. Immédiatement, le wagon s’est empli d’une forte odeur de boules à mites. Ça sentait une autre époque. Ému, j’ai eu une pensée pour ma grand-mère. Une jeune fille a pouffé de rire et, en m’approchant d’elle, j’ai été ravi de pouvoir humer sa chevelure qu’elle avait dû laver avec du Fructis aux agrumes avant de se rendre à l’école. Ah, l’odeur des jeunes écolières. Je me suis réfugié dans ses boucles en gardant les yeux mi-clos. Hmmm. Le monsieur, en l’engueulant, attira l’attention sur les petites accumulations qu’il avait à la commissure des lèvres, semblables à du smegma, et sur l’impressionnante quantité de tartre qui encombrait son sourire. Il sentait la vieille bite. De la jungle pileuse où je me trouvais, je pouvais renifler son haleine de chacal. J’approchai davantage mon nez de la touffe de la jeune nymphe. Je pouvais distinguer, parmi les arômes de fruits, l’odeur de son cuir chevelu, huilé de sébum... C’était agréable, je devins rêveur et m’imaginai en train de renifler sa petite culotte. Après une dure journée passée sur les bancs d’école, ce devait être un joli bouquet. J’ai le nez pour ces choses-là. Le gars était visiblement pressé et il avait mangé un Shish Taouk avec de petites patates à l’ail... Ça ne faisait aucun doute. J’ai sorti un paquet de gomme de la poche intérieure de mon veston en soutenant son regard, espérant qu’il capte le message. Mais non. Arrivé à la station Sherbrooke, il a regardé tout le monde d’un air hautain et s’est empressé de sortir. Je le soupçonne d’avoir lâché un pet discret et sournois en se penchant pour prendre son sac. Je dis ça parce qu’il a balayé discrètement le wagon du regard, en sortant, comme pour s’assurer qu’il était bel et bien incognito. Toujours plus haut. Les pets des gens frustrés sont les pires, c’est bien connu. Ils les gardent pendant des jours à l’intérieur, les laissent fermenter si longtemps qu’on a presque l’impression de pouvoir y goûter lorsqu’ils en lâchent un. Ma belle a cessé de murmurer sa chanson, un instant, et a fait une grimace de dégoût.

Un peu plus tard, je suis allé à la Bibliothèque Nationale. J’étais en train de consulter un vieil atlas du Madagascar en me demandant ce que pouvait bien sentir le lémur lorsque j’ai aperçu le terroriste olfactif du métro. Il était en train de lire Le Monde Diplomique, ce torchon puant. Son téléphone cellulaire a sonné au moment où j’étais en train de renifler l’index que je venais tout juste d’incérer dans mon oreille. Ça sent drôlement bon, le cérumen, on ne s’y attendrait pas. Une Asiatique qui passait en laissant derrière elle de doux effluves de jasmin et de lotus lui asséna une claque derrière la tête.

— Son nez se cogna durement contre la table, et c’était bien fait pour lui.


samedi 5 mars 2011

53. SONNET

Les uns sur les autres à la quatrième heure,
vers le Nord nous allions, bloqués à la station
Berri. Sprinta un gueux, Stan Smith aux pieds, veston
marron, qui, près du noeud coinça, mais quel malheur!

Dans la mâchoire infâme un souvenir précieux,
la cravate de soie de son oncle Gaston.
Une pauvre innocente ignora son sermon,
s'esclaffant, et s'enfuit dans son monde ennuyeux.

Le vis une heure après (non, c'est peut-être deux)
à la bibliothèque, assis, suant, nerveux:
la revue qu'il lisait n'annonçait rien de bon.

Vierge Marie, pitié! Épargnez-nous des cons
qui ne savent comment se tenir en public
(ce qui, c'est vrai, n'est pas le cas des Asiatiques).


jeudi 3 mars 2011

52. PARTIAL

Je devais, bien contre mon gré, me rendre vers le nord en prenant le métro. Tout ça parce que l'agent de police, en faisant preuve d'un abus de pouvoir flagrant, m'avait retiré mon permis pour un innocent excès de vitesse dans une zone déserte, et qu'il avait jugé que le ton que je prenais pour me défendre (superbement) contre cette contravention indue et excessive, était, selon lui, "agressif". Agressif? Je dis plutôt "appuyé et fougueux".

Si je me rendais "contre mon gré", c'est bien parce que si vous me demandez mon avis (j'en ai toujours un, n'hésitez pas) on ne devrait jamais se rendre à Laval, mieux, on devrait fermer tous les magasins, relocaliser la population et raser tous les blocs, bungalows, semi-détachés, demi-sous sol et autre horreurs d'une abjection architecturale sidérante. Cette zone sinistrée de la culture, entropie du bon goût, ne méritait certainement pas que je la gracie de ma présence.

Comme je devais m'y rendre pour des raisons professionnelles (à mon avis, il faut bien gagner sa vie), j'avais revêtu un de mes plus beaux vestons, celui de couleur marron qui est absolument indémodable. Parce que la mode, c'est une pure idiotie de toute manière : des tarlouzes cocaïnomanes et leurs armées de putains anorexiques contrôlent, ordonnent, dictent, mettent sur pied une doxa à laquelle des millions de jeunes et moins jeunes, fortunés ou non, doivent se plier pour payer leur obole au Dieu de la "tendance". Peuh! Toutefois, comme j'allais m'enfoncer au coeur du réseau de transport des prolétaires, et risquer, dans ces fourgons à viande urbaine, de salir des souliers quand même trop précieux pour une telle occasion, je revêtais des espadrilles sportives, les classiques "Stan Smith", eux aussi indémodables et toujours à la fine pointe de l'équipement athlétique, quarante ans après leur mise en marché initiale. Les gens qui déboursent des centaines de dollars pour payer le cachet des athlètes commandités par Nike n'ont rien compris.

Mon choix de souliers s'est avéré judicieux, puisque j'ai dû passer en sprint afin d'attraper le wagon avant que les portes ne se referment. J'ai toujours eu une foulée de qualité; j'en veux encore à mon entraîneur d'athlétisme qui m'avait retranché de l'équipe tout juste avant les championnats régionaux, sous un prétexte fallacieux (je n'avais pas le meilleur chrono). Ce que je n'avais pas en vitesse, je le compensais en élégance! À preuve, ce superbe pivot que j'ai effectué en rentrant dans le wagon pour éviter de me flanquer sur le torse des passagers près de la porte, exécuté avec une précision technique remarquable. Mais comme pour me punir d'avoir accompli pareille prouesse supérieure à la moyenne, le sort voulut que ma cravate se retrouvât coincée dans les portes du métro, dont le mécanisme de fermeture a toujours été trop rapide à mon goût.

Ma situation précaire et embarrassante aurait légitimement dû attirer de la compassion et de la pitié à mon égard de la part des autres passagers. Or, au moment même où je songeais pour moi-même que des âmes charitables allaient se mettre à déplorer la situation pénible dans laquelle je me trouvais, j’aperçus du coin de l’œil une jeune, dont les conduits auditifs étaient bouchés par les extrémités d’un de ces gadgets donnant accès à une boulimie de musique numérique, qui pouffait allègrement à la vue du spectacle tragique de mon corps suspendu à une cravate coincée contre mon gré!

Ah, elle pouvait toujours bien rire, cette petite vaurienne, vautrée qu’elle était dans son banc, petite ingrate qui ne pense même pas à offrir sa place aux aînés, plutôt occupée à se faire lobotomiser par les rythmes convenus et mécaniques de la musique débile qu’elle ne manque pas d’écouter, bien qu’elle n’en comprenne ni la pauvreté musicale, ni l’absence de profondeur ou de clarté mélodique, même, bon sang, les paroles sexuées et dégradantes! Ah, que j’aurais aimé l’admonester et lui inculquer un peu de savoir-vivre et d’amour-propre (précisément dans cet ordre), n’eût été de cette impitoyable appendice vestimentaire bloqué par les portes, qui formait un angle droit avec le col de ma chemise et qui ne me permettait pas, à ces yeux de jeune attardée gavée de téléréalité, de réclamer la prestance royale à laquelle je peux toujours souscrire à juste titre et qui aurait été plus que suffisante afin de lui livrer, non, lui enfoncer au fond de la gorge, le fond de ma pensée!

Et puis, au diable le métro et le rendez-vous, songeai-je pour moi-même alors que, arrivé à la station suivante, les infâmes portes qui me tenaient captif relâchèrent leur emprise sur ma cravate et me donnèrent l’occasion de considérer ma prochaine action. Il aurait certainement fallu que je reste un moment de plus dans cet infernal métro, ne serait-ce que pour inculquer un peu de sens dans cette jeune âme damnée qui avait osé prendre plaisir à la vue de mon embarras. Et puis non, mon existence ne devait pas être dilapidée dans de telles actions péremptoires. Je quittai aussitôt le métro, saisissant au passage un fragment d’une chanson baragouinée dans un anglais plus qu’approximatif, émis par la jeune inconsciente s’étant révélée plus vile encore que les tortionnaires portes du métro. Rien ne m’étonnait moins que d’apprendre qu’elle s’adonnait à l’écoute de ce que je reconnaissais du premier coup comme une musique populaire déplorable, peut-être même du hip-hop. J’en étais sûr. Mon jugement ne me trompe jamais.

*

Ça faisait je sais pus combien de temps que j’attendais. Crisse elle est jamais à l’heure; c’est-tu juste moi qui sait encore ce que ça veut dire le mot ponctualité? En plus c’est comme assez frustrant d’attendre quelqu’un dans une bibliothèque, parce que tu peux pas lire, pogné que t’es à tout le temps être en train de vérifier si la personne que tu rencontre est en train d’arriver. Fait chier, y a comme vraiment plein d’affaires à lire icitte.

Dans le fond je devrais p’têtre faire comme le dude habillé tout croche là-bas, juste pogner un magazine ou un hebdomadaire que tu peux lire à coup de paragraphes. Ben, je lirais pas la même affaire que lui, ça a l’air plate en crisse. « Monde Dilomatique » : des articles de fond sur des sujets qui sont tellement loin de nous que si toute la population de ces pays-là pétaient en même temps on le sentirait même pas. Veux-tu ben me dire pourquoi ça m’intéresserait, l’alphabétisation en Ukraine, les prochaines élections au Cambodge ou la culture de l’orge au Nicaragua?

… Voyons, y est ben tache cet estie-là! Y est capable de se payer un veston laitte pis un iPhone mais y vient à la bibliothèque pour lire gratuitement un journal qui coûte 4 piasses? Pis en plus y est MÊME PAS CAPABLE de mettre son cell à off? J’te dis, y a des claques s’a yeules qui se perde, estie…

… Oh! J’ai parlé trop vite! Je sais pas d’où est-ce qu’a sort, elle, mais est solide! Quin, le cass, une mornifle pour ton manque de classe! Fuck! C’est comme le mélange parfait entre Monsieur Myagi et Chuck Norris, mais en femme! Wow!

J’pense que j’vais aller y demander si elle peut être ma grand-mère.

mardi 1 mars 2011

51. DÉSINVOLTE

I

Mon ipod est sur shuffle pis j'arrête pas de skipper les tounes.
Juste des tounes de emo.
Je manque de foncer dans une vieille.
-'Scusez. 
-Pfffffft.
Ce matin ma mère est morte.
Ou c'était peut-être hier.
Ben non c't'une joke.
En tous cas, lui il rentre juste à la dernière seconde pis sa cravate reste pognée dans les portes.
Ça a l'air que c'est ben drôle.
Elle trouve ça vraiment drôle.
Pas lui.
-Bof.
Je me dis ça.

II

Mon cell est sur vibration pour pas faire chier tout le monde.
Même si dans le fond, tsé.
Je manque de foncer dans un chariot de livres d'art.
-'Scusez.
-Shhhhhhh.
Le mieux ça serait d'écrire tout ça.
Genre au jour le jour.
Mais fuck off.
En tous cas, lui il a oublié de fermer son téléphone.
Ça a l'air que c'est pas drôle.
Elle trouve ça vraiment pas drôle.
Lui non plus.
-Boring.
Je me dis ça.