Le prétexte

En hommage à Raymond Queneau, la blogosphère présente une version remixée des fameux EXERCICES DE STYLE. Un projet piloté par Clarence L'inspecteur, en collaboration avec du monde qu'il a déjà vu et du monde qu'il n'a jamais vu. N'importe qui peut participer et prendre en charge une version/contrainte. Il s'agit d'abord de la réclamer, de l'écrire, et de la publier sur son propre blogue. Elle se retrouvera finalement ici, avec un lien en indiquant la provenance. Pour réclamer une version, laissez un commentaire ici ou écrivez à l'adresse suivante: clarencelinspecteur@yahoo.ca

jeudi 30 décembre 2010

45. APARTÉS

Le métro s'est pointé au fond du tunnel fuck fuck fuck tassez-vous tassez-vous tassez-vous et la foule s'est soudainement condensée. Il y avait de la place à peine enlève ton esti de sacoche grosse laide pour passer le doigt. Pourtant, tout le monde a réussi à pénétrer vieille sèche même pas milf en se squeezant un peu. Quelqu'un d'extrêmement poli man le dude est luisant tellement il sue a soudainement retenu les portes pour qu'un dernier passager, qui arrivait en courant, puisse entrer kès tu fous, tu vois ben qu'il y a plus de place. L'individu, habillé bizarrement d'une ouach veste brune et de tabarnack as-tu vu les snicks souliers sports blancs, s'est précipité dans le wagon à la dernière grouille man je suis en retard seconde et les portes se sont refermées sur sa yeurk cravate. Les portes bon, enweille, grouille grouille grouille se sont refermées sur sa cravate alors qu'il tentait de full gay virevolter plus ou moins élégamment. Juste à côté de lui elle me regardera pas, tchèke ben ça elle va pas me regarder de tout le trajet une jolie fille qui avait réussie à s'asseoir tchèke ben ça elle va même pas me remarquer l'estie d'agace n'a pas pu s'empêcher de rire fuck j'y ferais pas mal à elle. L'individu à la cravate, offusqué, elle trouve ça drôle lui a demandé si elle trouvait ça drôle c'est vrai que c'est drôle, si elle trouvait ça comique comique de voir quelqu'un dans le pétrin t'as l'air cave assume, et elle lui a répondu qu'il avait l'air cave et d'assumer oh my god on est connectés! Quelques secondes plus tard bons débarras il descendait à la station Sherbrooke c'était pas un film avec genre Charlotte Laurier ça ou quelque chose de même?, créant par le fait même un minimum d'espace pour remuer fuck j'ai le bras tout engourdi et s'épanouir fuck est vraiment cute j'ai presque un semi boner ah non c'est à cause de la grosse qui se frotte sur mon crotch depuis taleure.

Quelques heures plus tard était pas si cute que ça dans le fond pis elle écoutait genre du Justin Bieber un effet narratif bâclé permettait au lecteur de se transposer à la Bibliothèque Nationale eille BANQ ça fait comme Banque j'avais jamais remarqué, nice où le même individu était installé dans un fauteuil wtf la différence entre un sofa un fauteuil pis un divan?, dans lequel, malgré un Monde Diplomatique le Journal de Montréal, Châtelaine, Elle du mois de décembre, Elle du mois de janvier, fucking Elle du mois de février, condonc, Le Devoir, L'actualité, Guns and Ammo, Guns and Ammo? Hmm étendu devant son visage, on le reconnaissait aisément à sa carrure Kalashniquoi?, à son allure KA-LA-SCHNI-KOV et à sa vêture wtf is un kalashnikov? qui n'avaient pas changé d'une miette eille je l'ai déjà vu quelque part lui depuis le début de cette histoire sa face me dit quelque chose. Brusquement, wô kèsséça un concert s'est fait entendre dans la salle de lecture. Il face de pet a essayé d'attraper son cellulaire face de crotte qui venait d'exploser face de plote en une symphonie Ô Canada crottes de chats de Wagner synthétique Terre de nos aïeux crottes de bœufs qui a dérangé tout le monde Ton front est ceint crottes de chiens juste avant qu'une femme à l'air nippon De fleurons glorieux crottes de... lui voyons c'est quoi la rime après glorieux? foutte crottes d'émeus? une crottes d'hébreux? claque crottes de siffleux? derrière crottes d'yeux? la crottes de cols-bleus? tête ah pis fuck off t'as juste à répéter bœufs pis ça fait la job. 

Clarence L'inspecteur          

mercredi 22 décembre 2010

44. COMÉDIE

ACTE PREMIER

Scène I
(Sur le quai du métro à la station Berri-Uqam direction Montmorency, un jour, vers midi)
Le premier voyageur (courant vers le wagon de queue et bousculant des voyageurs sur le quai). - Mais poussez-vous, tabarnak !
Le second voyageur (qui vient de descendre). - Mais faites un peu attention !
(Le premier voyageur saute dans le wagon)

Scène II
(Dans le wagon de queue, après le départ de la station Berri-Uqam)
Le premier voyageur (veste marron, souliers sports blancs). - M... ma cravate !
(sa cravate à vaches reste coincée dans la porte)

ACTE SECOND

Scène I
(Même décor, le métro roule)
Le premier voyageur (s'adressant à une voyageuse, furieux). - Ce n'est pas très aimable de se moquer des gens !
(La voyageuse pouffe, ses yeux vont de la cravate prisonnière aux chaussures de l'homme)

Scène II
(Station Sherbrooke, des voyageurs se préparent à descendre)
La voyageuse moqueuse (chantant à voix basse en montant le son de son ipod). - Mais il m'aime en-core... et moi je t'aime un peu plus fort...
Le premier voyageur (lui jette un regard noir en descendant à son tour)

ACTE TROISIEME

Scène I
(Bibliothèque Nationale, un homme s'adresse à une responsable)
L'homme (sa cravate est froissée et sale). - Vous avez le dernier numéro du Monde Diplomatique ?
(La responsable le lui tend et se retient de glousser en apercevant sa cravate et ses chaussures)

Scène II
(Même décor, le téléphone de l'homme émet un cri de goéland, une femme asiatique s'approche)
La femme. - C'est toi le crisse de moron qui fait brailler son cellulaire ?
(elle le claque derrière la tête)

Sébastien Haton

samedi 11 décembre 2010

43. INTERROGATOIRE

Un poing frappe une surface. Des structures métalliques s’entrechoquent. Des tissus se froissent. On retient son souffle.
Gian-Carlo: Réponds!
Le silence de Dédé est imperturbable. Les néons vibrent. Dans les moments de silence embarrassé, c’est la première chose qu’on entend. Les néons. Ça et le bruit des doigts qui pianotent sur les claviers du poste. On a soif. Ça reprend.
Gian-Carlo: C’est pas sorcier, t’es retourné à la bibliothèque…
Dédé : Ça me donne quoi de répondre?
Gian-Carlo: Des points. Combien? Ça dépend de la réponse.
Dédé : J’y suis allé pour faire un vol, tiens.
Gian-Carlo: Tu viens d’en perdre une centaine d’un coup.
Dédé : Un vol de BAnQ.
Gian-Carlo: Attends que je te cravate.
Dédé s’en fout. Il a toujours aimé faire Tilt! Il met ses running, ses running blancs, blancs comme du sucre en poudre, blancs comme la Vierge Marie, sur la table en formica verdâtre, puis détache ostensiblement sa veste marron, afin de réajuster sa cravate au nœud ratatiné. Sa copie du Monde diplomatique, pliée en deux, menace de tomber de sa poche.
Gian-Carlo: Pensais-tu qu’on ne te suivrait pas? Les filatures aux heures de pointe, se cacher dans la foule, prendre des photos, c’est l’enfance... Hé! Alors, même si tu t’es faufilé au dernier instant dans le wagon, on était là pareil. À Berri-UQAM, on était là. On les a vues les portes se refermer sur ta cravate... Ha! ha! du grand guignol... Juste à côté de la fille au ipod. Oui, celle qui a ri de ta déconvenue. Ta cravate prise dans les portes! Ç’aurait été tellement facile de t’étrangler. Il suffisait de tirer.
Dédé : Qu’attendiez-vous?
Gian-Carlo: On a tout filmé, c’est pareil. Pis, c’est pas toi qu’on veut, minus, c’est ton sponsor. Savoir qui a commandé le coup. On s’en sacre du menu fretin.
Dédé : Et si j’agissais seul?
Gian-Carlo: On veut ton boss. Pas perdre notre temps. On est sorti avec toi à Sherbrooke. On t’a suivi au carré Saint-Louis. Sur la Main. Pis Ontario. T’avais rien à faire?
Dédé : C’est mon jour de congé. Je flâne.
Gian-Carlo: Ouais. Pour crâner, tu crânes. On t’a vu redescendre vers Maisonneuve. Bifurquer vers la bibliothèque. T’asseoir. Planer. Faire semblant de lire. Pis ton cellulaire a sonné.
Dédé : J’en ai même pas!
Gian-Carlo se rassoit. Il joue au gaucher contrarié un bref instant, avant de sortir de sa poche un sac en plastique fermé hermétiquement dans lequel on discerne sans peine un téléphone cellulaire qui n’a plus rien d’intelligent.
Gian-Carlo: Tu l’aurais toujours, si tu ne l’avais pas remis à ta complice.
Dédé : Rions noir!
Gian-Carlo: T’es beau, tu sais, en crétin! C’est émouvant. Je te parle de la femme. Miss Sunshine en personne. Coréenne. Sud. Seoul. Superbe.
Dédé : J’en connais pas...
Gian-Carlo: Mais si. Fais un effort. Je peux t’aider, s’il le faut. Et cesse de ricaner!
Il se lève, fait le tour de la table et, sans prévenir, assène une claque retentissante derrière la tête de Dédé. Il en remet même deux autres.
Dédé se crispe, sa cravate tressaute.
Gian-Carlo: Ça ne te rappelle rien? Une belle claque derrière la tête assénée par une asiatique aux mains gantées? Pas de quoi pavaner, hein! Tu nous prends vraiment pour des cols de chemise. Belle diversion... Pendant qu’on regarde la claque, tu glisses discrètement le téléphone dans la poche de son manteau. De vrais magiciens. Mais c’est plus le matin, mon petit. Pis des vers comme toi, on les enfile à des hameçons. Alors, on recommence.
Dédé (silence, mais un silence moins convaincant que le premier)
Gian-Carlo: Qui voulait faire tuer Perec? La gang des Lyonnais? Le gros Raymond? Harry? Les ouvreurs de chez Little Pots? Qui? Tu vas répondre!
Un poing refrappe une surface. Un nœud se comprime. Des tissus se froissent. On en perd le souffle.

42. VULGAIRE

Dans le métro à l'heure de pointe (un vendredi soir, neuf heures et demi, c'est l'heure de pointe), station Berri-Uqam. Je revenais d'un party quelconque dans le Quartier latin, un truc thématique ayant pour ligne directrice les fifties. Moi qui m'attendais voir un paquet de filles en robe de soirée dansant sur du vieux swing... Ne plus suivre les plans foireux de Vince. Quel gros connard. Le ratio couilles/seins s'élevait à 30 pour 1. Et la seule paire de boules qu'il y avait dans tout l'appartement, justement, c'était celle du gros Vince.

Je m'étais présenté là avec une seule idée en tête: fourrer. Fourrer n'importe quoi. Une grande hippie avec une tarte au poil en guise de plotte. Une p'tite grosse avec quatre seins. Une grande attardée mentale qui se prend pour Amélie Poulin même avec ma graine dans son cul. Une laide tellement maigre que j'pourrais la fourrer entre les côtes. N'importe quoi pour me faire oublier le fait que je n'ai pas baisé depuis un mois.

Mais non.

Trente mecs et pas une seule fille.

-J'ai dit à ma sœur d'inviter toutes ses amies, mais elles ne sont pas venues! qu'il m'a lâché lorsque je lui ai demandé où se trouvaient les filles dans cette soirée-là. Mais c'est pas grave, on peut avoir du fun entre mecs!

-Sure. On va se faire des crosse-boules avec tes bourrelets. Ça va être fantastique.

-Hein?

Vince a une cervelle inversement proportionnelle à son énorme cul, ce qui me permet de lui dire tout ce qui me passe par la tête et de jouir d'une période tampon de dix secondes où je peux me sauver avant qu'il ne comprenne l'étendu de mes propos.

Mais bon. Au final, je me suis retrouvé, à neuf heures et demi, au métro Berri, avec un veston brun comme mes sels et des souliers blancs comme mon smegma. Fifties all the way, except for the chicks. Un peu plus loin sur la rampe du métro, il y avait cette pouffiasse qui n'arrêtait pas de me regarder. Une grande greluche, type St-Laurent Trendy. Elle, je ne l'aurais pas touché avec ta graine. Elle avait assez de make-up dans la face pour tuer un phoque. Je me suis instantanément demandé si elle laisserait des traces de couleur sur ma bite en cas de potentielle fellation. Répugnant. Des plans pour choper le cancer du gland. N'empêche, la greluche n'arrêtait pas de me regarder en souriant. Je crois que mon look des années cinquante lui plaisait bien. Elle devait aspirer à un retour dans le temps, à l'époque où les femmes lavaient des chaudrons et les hommes leur pétaient la rondelle.

Elle m'agaçait. Tellement que j'en avais oublié de monter dans le métro. Je m'y étais inséré juste assez rapidement pour que les portes de ne me tranchent pas en deux dans le sens de la longueur, mais ma cravate, elle, ma câlisse de cravate de marde, elle n'a pas eu cette chance. Non. Elle est demeurée coincée entre les portes. Bonheur. Je me suis mis à la tirer de toutes mes forces, mais rien à faire: c'était coincée comme dans une fille de seize ans.

Puis, j'entendis un rire aigu et interminable.

Un peu plus loin dans le wagon, la pouffiasse pleine de make-up se foutait de ma gueule.

Comme toutes ces femmes faussement bronzée qui croient avoir de la classe, elle avait un rire de fille cheap. Du genre "je-masque-ma-petitesse-derrière-trente-couches-de-far-à-paupières". Ce fut instantané. Je me suis retourné et je lui ai dit:

-Continue de rire. Lâche pas. Tu vas peut-être brûler assez de calories pour éliminer ton quintuple menton.

-Hey, woah, on se calme... t'es juste... drôle...

-M'a t'en faire moi d... uh... uh....

Je m'étais élancé vers elle en oubliant ma cravate, avec pour résultat que je suis étranglé avec celle-ci et me suis retrouvé instantanément sur le sol. La truie, elle, riait comme une truie qui rit.

Sortie ratée. Alors je suis sorti à Sherbrooke. Histoire d'aller faire un fou de moi ailleurs. J'ai suivi une grande Africaine sur cinq pâtés de maison simplement parce qu'elle se déhanchait de manière impossible. Elle est entrée à la Grande Bibliothèque. Je fis de même. Elle avait de la classe. Le genre de fille qui ne se laisse pas baiser pour baiser. Alors j'ai saisi exemplaire du Monde Diplomatique qui traînait quelque part et feignit de le lire, histoire d'avoir l'air class. Puis, alors qu'elle se pencha pour mettre un bouquin dans son sac, j'abaissai ma revue - que je tenais à l'envers anyway - et observa son cul impossible en sentant mon gland d'humecter.

C'est alors que je reçus une gifle derrière la tête.

L'effet de surprise me figea sur place. Une petite Asiatique, baisable comme une écolière, me dardait du regard. Puis, d'un pas déterminé, elle alla embrasser goulument sa copine l'Africaine au cul impossible.

vendredi 10 décembre 2010

41. AMPOULÉ

Pendant que les aiguilles du temps chatouillent les chiffres taciturnes de l'horloge au zénith de cette journée morose, un quidam hagard, le corps vêtu à la Denis Drolet et les pieds chaussés d'aveuglantes espadrilles javellisées, arriva en trombe, tel le Ben Johnson de la poudre d'escampette, et se faufila en douce à la façon de l'anguille sous roche entre les parois caoutchouteuses des portes métalliques du wagon, wagon qui dans quelques secondes s'engouffrera dans les abîmes de la métropole. C'est ce moment précis que choisit le destin, histoire de détendre l'atmosphère un brin, pour faire de ce nerveux sprinter le prisonnier des mâchoires d'acier du monstre souterrain, le retenant seulement par les quelques centimètres du sombre tissu synthétique ornant pathétiquement le col... de sa déconfiture.


Une jouvencelle mélomane, le séant posé sur une banquette de choix, savoura chaque seconde de l'acte qui se déroula sous ses yeux hilares. Étouffé d'orgueil plus que de sa fâcheuse position, le malheureux tenta bien, par la réprimande, de se refaire une prestance, mais en vain, car les piteux borborygmes s'échappant en grappes de sa bouche vineuse, vinrent alimenter les soubresauts incontrôlables de la maintenant pliée en deux demoiselle amatrice de gadgets technos. Même les mâchoires du destin se desserrèrent, et le ridicule s'échappa au galop...
La belle n'eut plus, pour se distraire, qu'à augmenter d'un mouvement du pouce tout en circonvolutions, le niveau en décibels de sa bébelle et fredonna « Ironic » de Alanis Morissette.


Quelques heures plus tard, alors que j'errais dans l'antre du savoir gardienne des traces de notre passé, je revis, de mon œil alerte et aiguisé tel l'aigle repérant le brun mulot trottinant dans les hautes herbes du haut des cimes des falaises escarpées dans le brouillard du petit matin, l'homme à la cravate chiffonnée affalé dans toutes ses aises affairé à feuilleter d'un regard absent les paroles, imprimées sur papier recyclé, des grands de ce monde. Déchirant soudain le pudique voile du silence frileux, le son bête de son téléphone intelligent hurla une musique de synthèse, reprise d'un tube niais, sans pour autant froisser le reste de son anatomie. La jaune amazone assise derrière lui le fustigea d'une magistrale claque débridée qui le frappa tel un tsunamis de mépris.

40. ALORS

Alors j'étais au métro Berri. Alors je suis monté en courant quand le métro est arrivé. Alors les portes se sont refermées. Alors ma cravate s'est prise dedans.

Alors à côté de moi, y avait cette gonzesse qui se foutait de ma gueule. Alors je me suis fâché, tu vois, mais ma cravate était encore prise entre les portes. Alors ça m'enlevait beaucoup de crédibilité. Alors je suis descendu tout de suite après à Sherbrooke.

Alors je suis retourné à la Bibliothèque Nationale pour lire Le Monde Diplomatique. Alors mon cellulaire a sonné brusquement. Alors une Asiatique sortie de nulle part m'a donné une claque derrière la tête.
Alors là, mon vieux...

39. EXCLAMATIONS

Shit! C'est bourré de monde! On pourra jamais rentrer! Excusez! Scusez! Pfiooo! Juste à temps! Man! Check le dude courrir! Pis check ses souliers! On dirait des vieux Adidas Stan Smith! Nice! Oh! Wô! Pousse pas! Watch la cravate! Oh! Trop poche! La cravate est pognée! Trop poche! Man, est vraiment crampée l'autre! C'est tellement pas subtil! Oh shit! Il m'a postillonné dans face! Yé fucking frustré! As-tu vu ça revoler? Direct dans mon oeil! C'est vraiment dég! Man, une chance qu'elle a ses écouteurs! T'imagine recevoir ça dans les oreilles! 'Sti de gros postillon dans l'oreille! Wô! Sweet! Je pense qu'elle écoute Kanye! Trop bon ce beat-là! Eille! Watch ton sac à dos toi! Ouch! 'tention! Wô! Laissez donc sortir le monde, gang d'épais! Fuck, c'est trop laid Sherbrooke! Check l'estie de murale laide! Eille! Yé parti! Yé descendu! Déjà! Man! On commençait juste à s'amuser!

Peux-tu croire ça toi! C'est lui! Là! Là dans le divan au fond! Avec un journal! Le dude à la cravate pognée de tout à l'heure! Wô! C'est fucké! C'est toujours un peu fucké de revoir le même monde! Genre à Montréal, dans une fucking grande ville! Tsé, man! Je veux dire, si j'avais pas été obligé de rapporter ma saison de Caméra Café! Oh! Watch out! Encore une gaffe! Son cell! Le dude est vraiment un peu taré je pense! Aille! Ouch! Oh! Toute une claque! Wô! Ça doit pas faire du bien! Oups! Quoi? Ok! Pas de trouble, on baisse le ton m'sieur! Désolé!

samedi 4 décembre 2010

38. MOI JE

Moé j'trouve qu'y a ben que trop de monde dans c'te métro-là: 8h00 c'est plein comme une file d'vant la caisse pour aller chercher son BS pis le souère, c't'aussi fou que si un bar de danseuses se mettait à faire des 2 pour 1 sué danse à 10! Sua ligne orange? Moé j'te l'dis, spa créyable! Du monde en veux-tu en vla! Pis tention hein, moé j'te le jure, direction Montmorency, c'est pire! Moé j'les vois: toutes les p'tites madames pis les p'tits m'sieurs qui r'partent che zeux dans leur gros bungalow à Laval. Moé j'le sais parce qu'y vienneraient pas abîmer leu chars sué nid de poule de Monréyal, ça non hein! Moé j'le sais c'qui se disent: gardez-les toutes vos nittes de volaille pis, en plus, on prend toutes vos bancs de libes dans l'métro surtout! Calvince...

Pis r'gard l'autre qui vient d'entrer en courant! Moé j'te dis, le monde qui court comme des mongols pour pogner l'métro... Moé j'leur dirais: y'en a un autre dans 5 menutes, bâtard! Pis tcheque lé: moé j'trouve ça assez laite des vestons bruns. Osti de pas de goût. Pis des suyers blancs. Bout de viarge!

Hey pis r'garde moé le tata! Moé j'en reviens pas: sa cravate est pognée dans porte du métro! Ah ben calvaire. Moé j'te l'dis: ça t'apprendra à courir comme un épa pour pogner le métro! Tcheck la fille à côté, moi j'la voué, est ben crampée. Y'a de quoi ciboire! Ah ben, yé fâché! Moé j'te dis, le monde de même... Bon, y descend icitte. Hey ben moé j'la trouve pas laite la p'tite ake son ipod qu'y'était crampée raide tantôt... Moé j'la trouve pas mal kiout quand à chante dans le vide de même...

2 heures après...

Moé j'pense que la bibliothèque, s't'un esti de place plate. Parler moins fort? Moé j'peux pas, j't'un gars ake un franc-parler pis ben, ça sort comme ça sort. Moé, j'en r'viens pas. T'as-tu vu ça s'te pognée du cul là qui me dit de parler moins fort?Moé j'trouve que c'est l'bout d'la marde. En tk... Ah ben christ! T'as-tu vu Johnné? Moé j'le vois, yé dans mon champ de vision mais tourne toué a'tête un ti-peu pis tu vas'l'vouère. Le moron ake sa cravate? Tu le voué-tu? Moé j'le vois en tk. Hey pis y lit un affaire d'intellos ake sa p'tite cravate laite pis ses suyers cleans. Moé j'trouve qu'y a l'air d'un fendant... Asti y dérange tout'l'monde ake son cellulaire! T'as l'air d'un beau moron encore, moé j'trouve!

mercredi 1 décembre 2010

37. SYNCOPES

Un msieur en veson bun et suiers bancs c'me la Verge M'ie court pour attrper son waon à la stion Bri-Uq'm. Il ente au m'ment ou les potes se rfrment, mais sa c'vate s'y cince. Une ptite fille, se bidne solidment du sp'tacle. Le msieur se met en c'lère et la serm'ne, mais il a l'air d'un cnard aec zéo créblité. Il de'end à la stion su'ante et dans le waon, la fille ch'tonne une chson qui jue dans ses éc'teurs.

Pus tard dans la j'rnée, je rma'que le msieur à cvate cincé à la b'liothèque naonale qui lit Le Mode Diplatique losque la sonrie de son tél'hone re'enti soudment. Il n'a m'me pas l'temps de réondre bjour qu'une mdame chnoise qui mahait de'ière li à ce m'ment y fut une t'loche en a'ière de la t'te.