Le prétexte

En hommage à Raymond Queneau, la blogosphère présente une version remixée des fameux EXERCICES DE STYLE. Un projet piloté par Clarence L'inspecteur, en collaboration avec du monde qu'il a déjà vu et du monde qu'il n'a jamais vu. N'importe qui peut participer et prendre en charge une version/contrainte. Il s'agit d'abord de la réclamer, de l'écrire, et de la publier sur son propre blogue. Elle se retrouvera finalement ici, avec un lien en indiquant la provenance. Pour réclamer une version, laissez un commentaire ici ou écrivez à l'adresse suivante: clarencelinspecteur@yahoo.ca

mardi 28 septembre 2010

21. DISTINGUO

Dans le métro à l’heure de pointe (et non pas "je me mets trop à l’heure de pointe"). Station Berri-Uqam (qu’il ne faut pas confondre avec Barry le Clam). Ligne orange, direction Montmorency (et non Lyne arrange l’érection de Monsieur Rancy). Un jeune homme entre en courant dans le wagon (à ne pas confondre avec Usain Bolt) juste au moment où les portes se referment (et non du froment de mortes à la crème [sic]). Il porte une veste marron (et non une sorte de peste cette Marion) et des souliers sports (éviter d’entendre ici «saoul hier, comme un porc») blancs comme la Vierge Marie (s.v.p NE PAS LIRE Bang j’la dévierge Marie).
En se retournant pour reprendre son équilibre (et non Anse se retournant pour répandre son liquide), sa cravate se prend entre les portes (non pas sa cravache s’éprend d’un ventre qui lui importe). Une jeune fille assise sur le banc (qui n’est pas un jeûne qui vise le néant), ne peut s’empêcher de pouffer de rire (et non pas Lépreux en pêches et poux faits pour frire). L’homme se fâche (bien que ça ressemble à «L’heaume se gâche»). Il tente de la sermonner (et non l’île en pente du serf aumônier), mais sa cravate prisonnière des portes (et non sa grave hâte buissonnière l’emporte) lui enlève toute crédibilité (et non Lee-An lève tout crédit du Bill itéré). Il descend à Sherbrooke (et non pas il descend un cerf qui broute) et la fille lève le son de son ipod en murmurant les paroles de sa chanson du bout des lèvres (et non le fil du glève, leçon de son code, emmure les paraboles de Sacha, fiston debout et mièvre).
Deux heures plus tard (et non peu de heurts, bâtard), je croise l’homme à la cravate (et non je toise comme «à la primate») à la Bibliothèque Nationale (qui n’est pas Bibi l’Aztèque à la ration pâle). Il est en train de lire le Monde Diplomatique (et non il est enclin à élire l’immonde deep-o-matik) et son téléphone cellulaire (et non tsé c’est l’fun les selles à l’air) sonne brusquement (et non comme Bruce qui ment). Une femme asiatique (qui n’est pas une dame sympathique) qui passait derrière lui à cet instant précis (et non Kirpa cédé hier qui luit, ascète du temps précuit) lui donne une claque derrière la tête (qu’il faut éviter de confondre avec l’idoine d’une flaque sur le derrière d’une bête).

lundi 27 septembre 2010

20. ANAGRAMMES

Dans le gonwa du tomré à l'euher de teponi, un momeh tuvê d'une sevte rarmon et de lousiers scanbl es conice la vacrate dans sel orteps.
Ce iuq fait irer une neuje lefil.
Le momeh, inguédi, tevu la moserner, mias cidéde tôlput ed sedcenrde à Brekshoor.
La neuje lefil tomen laors el nos ed nos dopi.
Xeud surehes sulp drat ej el secrio à al Lilbitécoh Tianalone. Nos nophelété nosne subqrement et nue Taisaique iul noden nue peta riderère al tetê.

Clarence L'inspecteur     

dimanche 26 septembre 2010

19. ANIMISME

La mâchoire se ferma et ma cravate resta prise entre ses dents. Je n’osais pas regarder autour de moi, par crainte d’apercevoir d’autres personnes en train de se faire digérer. J’entendais leurs plaintes, et j’imaginais l'horreur de leurs corps s’agglutiner entre eux. Puis, les plaintes se transformèrent en rires. Quelqu’un se moquait de moi.

Je voulus me retourner fermement mais, ma cravate étant coincée, elle m’étrangla et m’envoya dans les airs. Je fis volte-face dans un mouvement peu éloquent. La mâchoire s’ouvrit à nouveau et je fus recraché.

Je me mis à compter les vertèbres d’asphalte qui menèrent jusqu'à un bâtiment vitré. Un barbu inconnu m’offrit une cigarette. Je lui dis qu’il y a des oursins qui me chatouillent les intestins. Perplexe, il regarda mes yeux comme à travers un œil de bœuf, cherchant ce qui se trouve de l’autre côté. Il n’y aperçut qu’un vague reflet de la Vierge Marie. Il comprit que plus rien n’allait, que j'avais perdu contact avec le monde...

Au loin, un journal se déroba des mains de sa maîtresse. Il gambada vers moi et se glissa entre mes doigts. Sa propriétaire, prise de jalousie, se leva d’un pas brusque et me gifla derrière la tête. Le geste fut si violent qu’il déclencha la sonnerie de mon téléphone cellulaire. Je répondis. C’était le barbu qui me demandait où j’ai trouvé un si beau veston marron. J’étais désemparé.

18. NÉGATIVITÉS

J'ai jamais parlé de l'autobus, ni du train, j'ai parlé du métro. J'ai jamais dit que c'était à Henri-Bourassa, ni à Longueuil, j'ai dit que c'était à Berri-UQAM. J'ai jamais spécifié le matin, ni la nuit, j'ai spécifié l'heure de pointe. J'ai jamais mentionné de chien, ni de femme, j'ai mentionné un homme. J'ai jamais décrit de lunettes, ni de pantalons, j'ai décrit une cravate. J'ai jamais employé "froissée", ni "guindée", j'ai employé "coincée". J'ai jamais insisté sur une vieille, ni sur une folle, j'ai insisté sur une ado. J'ai jamais imité de grognement, ni de hurlement, j'ai imité un rire. J'ai jamais glosé sur un iphone, ni sur un ipad, j'ai glosé sur un ipod. J'ai jamais suggéré la station Mont-Royal, ni la station Laurier, j'ai suggéré la station Sherbrooke. J'ai jamais insinué qu'une heure plus tard dans les Maritimes, ni que six heures plus tard en Europe, j'ai insinué que deux heures plus tard à la BNQ. J'ai jamais inclus le New Yorker, ni le Elle Québec, j'ai inclus le Monde diplomatique. J'ai jamais parodié un ronflement, ni une crise d'épilepsie, j'ai parodié une sonnerie de cellulaire. J'ai jamais évoqué une Perse, ni une Gaspésienne, j'ai évoqué une Asiatique. J'ai jamais mimé une pirouette, ni une arabesque, j'ai mimé une taloche.

Clarence L'inspecteur   

vendredi 24 septembre 2010

17. COMPOSITION DE MOTS

Nous sardinions heuredepointement direction norduscule lorsquand horizontala de manière fulgurissime vers nouzôtre un infrabeau qui arborisait des chausses-blanches et une vesbrune, et qui fut antimouvé par les coutilles, lesquelles recouinèrent sa craviarte couleur saumonarde, cubeclanchant l'hilardement. Une femmelarde d'âge immur fut enrigolée plus que les autres lividasses. Il tenta de l'engermonner mais elle le dissa, embeyoncée. Il sherbrooka de suite.

Temporativement translaté, je le revue à la biblionale: il regardoeillait mon diple-o-matic quand son plaisiràdistance tentit, et de nouveau. Une nazie-à-tiques le paumocciputa.

16. RÉCIT

Un jour, station Berri-UQAM, en pleine heure de pointe, j’aperçus un individu se précipiter vers le train de la ligne orange en partance vers Montmorency, tandis que le mécanisme de fermeture des portes se déclenchait. Il s’engouffra de justesse dans le wagon bondé; sa veste marron et ses chaussures sport d’un blanc virginal aussi, mais non sa cravate, qui, quand il se retourna pour ne pas perdre pied, se coinça entre les battants.
Pouffant de rire, une ingénue détourna l’attention du personnage et reçut une ribambelle d’invectives décousues, étranglées à la fois par la cravate et par l’insulte. Enfin libéré métro Sherbrooke, l’homme tout froissé respira et sortit; mais le regard féroce qu’il adressa à la fille fut perdu, car elle s’absorbait à régler le volume de son ipod et à susurrer les paroles d’une chanson.
Deux heures plus tard, je le revis à la Bibliothèque nationale, apaisé, attentif à sa lecture du Monde diplomatique, lorsque son téléphone vibra et sonna à tout rompre. Dans le tumulte immédiat, une Asiatique qui passait par là lui envoya une claque derrière la tête.

Sébastien Roldan

jeudi 23 septembre 2010

15. AUTRE SUBJECTIVITÉ

Caro pis moi on tchékait la bizoune à Alex sur les photos de son Flickr à son chalet pis y en a une qu'on voit full dans son costume de bain pis là Zazie est arrivée faque j'y ai raconté comment j'avais sluggé un dude gossant devant tout le monde à la Bibli juste pour le kick parce que Caro m'avait donné un dare pis c'était malade parce qu'a m'a dit fuck j'pense que c'est le même cave que j'ai vu tal'heure à Berri y avait-tu une cravate genre verte? pis j'ai dit ouin verte dégueu comme genre ça pis j'ai pointé le costume de bain à Alex sur la photo sur son Flickr pis Zazie a dit ouin ça ressemble à ce vert là eille! fuck on voit sa graine! pis là Caro pis moi on est parties à rire genre allo pourquoi tu penses qu'on regarde des photos d'Alex à part pour voir sa graine? faque Zazie a comme essayé de nous expliquer que le cave de la Bibli pis du métro s'était genre pogné la cravate dans les portes criss tu peux-tu être plus cave que ça? mais elle était full déconcentrée parce que j'pense qu'elle a un kick sur Alex, j'veux dire, man, Alex y a fait une playlist sur son ipod avec full tounes de Avenged Sevenfold pis fouille moi genre du Beyoncé pis elle arrête pas de l'écouter pis avant elle haïssait ça Avenged Sevenfold.

Fucked up.

Clarence L'inspecteur

14. LE CÔTÉ SUBJECTIF

J'étais dans le métro, genre, pis là tout le monde se tassait parce que c'était l'heure de pointe. Au moins j'avais un banc, mais j'avais la queue d'un vieux dégueux drette dans face. Trop ouache. Anyway j'étais super contente parce que je sortais du Garage avec une méga camisole trop nice à bretelles spaghetti. Presque aussi sex que Caro, mais elle, est tellement full cash qu'à s'habille chez H&M, la bitch. Ça fait qu'un laid rentre en courant avec ses snicks blancs pis son coat brun marde, trop pas matchés avec sa cravate verte. Pas de goût de même, je vomis! Le pire, c'est qu'y s'a pogne dins portes! Le cave. Je riais full, genre, ben comme tout le monde, là, mais c'est moi qui se met à engueuler. Man, y était trop pas crédible, la face étampée dans vitre. Fuck you. Beyoncé, au secours! Y est descendu à l'autre.

Pis là le soir même, je rencontre Anh-Ming chez Caro, a me raconte:

«Heille, Zazie, trop drôle! J'étais à bibli nationale à 6 heures, pis là y avait un laid avec une cravate verte dins revues qui avait pas fermé son cellulaire. Ça a sonné pis je l'ai sloggué devant tout le monde!»

Malade.

Raymond Bock

13. PRÉCISIONS

Je suis entré dans le métro, cet endroit chauffé hyper naturellement l'hiver venu, « hyper naturellement » puisque dans les grands grillages sur les bords des rails, juste devant les bancs, on y empile des mexicains, hommes et femmes, de races humaines, environ une centaine, et qu'on souffle l'air de la chaleur qu'ils produisent sur les autres humains qui veulent prendre le métro chauffé hyper naturellement l'hiver venu. J'ai hésité un peu, même si hésiter n'est pas dans mes habitudes, monter dans le wagon ou attendre le prochain, changer de ligne, ou aborder cette fille, tellement laide ou tellement belle, difficile à dire, mais j'ai dit que je n'hésitais pas alors je suis monté en direction Montmorency, station bâtie tout récemment, quoi que pas tant que ça, le temps passe trop vite. Je me sentais invincible avec ce blazer que j'avais acheté dans le sous-sol de l'église près de chez Tante Bénénice pour me déguiser en Passe-Montagne à l'Halloween il y a trois ou quatre ans (le temps passe trop vite), mais quelle surprise j'ai eu, même si être surpris n'est pas dans mes habitudes non plus, lorsque la longue cravate que je portais s'est coincée entre les deux portes du métro puisque je n'avais pas entendu le « toudoudou », mais bien le son d'une vache comme celui qu'émettait ma ferme Fisher Price, je croyais alors rêver, mais rêver n'est pas dans mes habitudes alors les portes se sont fermées sur moi. Cela m'a rendu nul autre que démoniaque, « comme la rage dans une cage » dirait mon artiste fétiche, parce que ma cravate en était une de collection, un motif rare, rare, rare, et j'aperçu cette même fille, belle ou laide, qui pouffa d'un rire se rapprochant de celui d'un porcelet qu'on égorge, la truie, j'ai fait mine de ne rien entendre. J'ai décollé ma main droite du poteau visqueux, puis la gauche, pour ensuite faire quelques pas et sortir à Sherbrooke (la station de métro et non la ville), je vis cette cochonne qui articula en silence les paroles d'une chanson que j'ai automatiquement deviné être Cavalière des B.B., impossible de me tromper là-dessus, j'avais participé à l'émission Slash avec Patrick Huneault (maintenant assistant réalisateur en salle de casting) sur les ondes de Canal Famille, puis à Fa si la chanter, jeu questionnaire animé par l'interprète de cette même chanson que la fille laide chantait du bout de ses lèvres gercées, il était temps que je sorte, j'allais vomir. Je n'ai rien vomi, mais ai laissé échapper ce léger rot me rappelant les raviolis Chef Boyardee ingérés quelques heures plus tôt accompagnés d'une tranche de pain blanc avec de la margarine jaune (il ne restait plus de beurre, ni rien d'autre d'ailleurs), puis suis allé m'installer au bordel des intellectuels, la bibliothèque, avec le livre que m'avait offert celle qui m'avait laissé la veille d'avant, une copine devenue ex que quelques personnes pourraient qualifier de chinoise mais qui était en fait laotienne, ultra sexuelle mais surtout, trop intelligente pour moi, alors voilà, elle était partie en claquant les pieds et en me blessant la tête, « la tête » dans tous les sens du terme, physique et psychotique, propre et défiguré, alors voilà, j'allais tenir ouvert ce livre impossible pour avoir l'impression de signifier, d'être, de devenir; j'allais tenir ouvert ce livre impossible pour me donner une contenance un tout petit, petit, petit instant.

Mélanie Jannard

12. HÉSITATIONS

Berri-Uqam et une grande marée qui suit son point de fuite vers mille lieux précis, autant de rendez-vous aléatoires et de choix bénins. Pas pour moi. Même la plus petite décision pourrait sceller mon destin, laisser une marque permanente et indélébile.

Comme le choix de cette cravate fripée qui me noue la gorge et me tire vers l'angoisse. Vers la panique. Vers les portes qui se referment et m'étranglent. À force de vivre immobile, on se coince le cul dans toutes les portes qui se referment. Aller à droite. Plus proche encore de la tristesse. Vers la gauche, la frontière de l'infini à découper en mille morceaux. Choisir 1 égal toujours -1000. Pourquoi pas la rouge. Trop criard pour se fondre dans la masse qui trace. Pourquoi pas vert. Pour peut-être espérer trouver mon chemin. Ou gris. Neutre. Ni trop à droite, ni trop à gauche. Implication nulle. Le No man land de l'affirmation. Regarder le sol. Toujours. Laisser passer la foule. Vouloir ramper pour ne pas déranger. Pour ne pas s'imposer. Avoir l'air vide et si fatigué. Être si fatigué de n'aller nul part…

Une jeune asiatique too cool too fonction avec son MP3 à paillettes pas d'écouteurs se moque de ma tronche. Hello Kitty vomit des éclats métalliques qui écorchent les tympans et font chier le peuple. Ça gratte de l'intérieur. Ça pique les oreilles. Ça chauffe les yeux. un tic, deux tics, trois tics, passer un main dans mes cheveux, serrer la mâchoire, cligner de l'oeil à répétition, sentir le sang battre dans mes temples et fuir vers le sol.

Prendre délicatement l'objet de mes souffrances dans un sourire. Le retourner entre mes mains moites. Céder à l'hystérie. Le crisser au bout de mes bras. L'éclater sur le linoléum pour que brillent ses entrailles à travers les derniers rayons verts des néons. Les portes s'ouvrent. Je sors. Libération…Et puis non. Un soupir de travers, une seconde de trop et surtout, ne rien désaxer dans l'univers. Station Sherbrooke. Je prends la porte, la fuite, point.

Lire la vie des autres dans la Bibliothèque Nationale plutôt que de choisir ma propre ligne directrice. Répit. Entre le point A et ce soir, trop de possibles, pas assez de certitudes. Angoisse. Avenir multi directionnel, je t'emmerde. Demain immobile, fragile. Pourtant, tout ça semble si facile pour les autres. Vivre tranquille, enligner les choix, enfiler le temps vers en avant.

Sonnerie de style synthé beat box à deux balles derrière moi. Voix de craie. Forte, aiguë, désagréable comme le cri de mille mouettes aphones. Et la terre qui se remet à tourner carré. Ça gratte de l'intérieur. Ça pique les oreilles. Ça chauffe les yeux. un tic, deux tics, trois tics, passer un main dans mes cheveux, serrer la mâchoire, cligner de l'oeil à répétition, sentir le sang battre dans mes temples et fuire vers le sol.

Me lever doucement. Contourner la table. Un pas en arrière. Un élan en avant et lui foutre une claque derrière la tête à cette conne. Facile de même...Et puis non. Un soupir de travers, une seconde de trop et surtout, ne rien désaxer dans l'univers. Prendre la porte. Effacer un peu plus les tangentes dans les lignes de ma main et encore, tracer vers le point de fuite.

lundi 20 septembre 2010

11. LOGO-RALLYE

(Avec les mots: castagnettes, fourneau, sobriquet, calepin, soumission et rapport d'impôt)

La vibration de l'écran d'Alstom Télécité ajoutait une couleur latine au voyage. Un écrou devait être tombé de sa vis dans le boîtier. J'entendais spontanément les premières notes des Sketches of Spain, agrémentées de castagnettes bien réelles: La poésie prenait le Métro. À plus forte raison, on se croyait bel et bien en Espagne, entre Berri-UQAM et Sherbrooke. Les gens suaient en communauté, cuisaient sous le souffle du fourneau qu'on essayait de faire passer pour un système de ventilation.

N'eût été d'un pauvre plouc - sobriquet qui en dit long sur les sons qui nous viennent en tête quand notre dos est une paroi de grotte suintante de sueur - sans ce plouc, donc, dont la cravate étaient restée prise entre deux portes, je n'aurais probablement rien noté d'autre dans mon calepin. Il était entré et sorti avec le même empressement, mû par l'urgence de telle soumission ou de tel contrat qui devait atterrir entre les mains de tel directeur de telle firme de consultation. Ou peut-être était-ce le rire d'une jeune fille qui l'avait fait quitter le wagon en flèche à la station Sherbrooke.

Deux heures plus tard, à la Grande Bibliothèque, je revis le même plouc se faire frapper derrière la tête parce qu'il parlait trop fort dans son cellulaire: il racontait à un ami une histoire de rapport d'impôt erroné, de factures inventées et de biens saisis, tout en se servant d'un exemplaire du Monde diplomatique comme éventail.

William S. Messier

dimanche 19 septembre 2010

10. L'ARC-EN-CIEL

À Montréal, station Berri-Uqam, un homme enjambe une flaque tirant sur le pourpre puis titube, distraitement, à l’intérieur du métro. Insouciant, il retrouve son équilibre, laissant sa cravate indigo se coincer lors de la fermeture des portes. Surpris, il tire sur son embarras jusqu’à ce que ses mains virent au bleu. Vert de honte, il balaie les alentours du regard pour surprendre l’air moqueur d’une jolie jeune fille. Il rit jaune.

Station Sherbrooke, ligne orange, voyant la moquerie qui persiste, l’homme envoi un regard assassin en direction de la jeune fille et devient rouge de colère. Jeune fille ignore, musique aidante.

Deux heures plus tard, l’homme se pose à la bibliothèque et puis plus rien, couleur aléatoire.

Stéphane

9. SYNCHISES

C’était certes un moment chargé, il y avait en si peu d’espace tant de gens, de tensions mal contenues, d’odeurs (car d’aucuns devront admettre qu’il règne toujours, à l’heure de pointe du soir, une vague senteur de pet, d’haleines de café-muffin et de sueur qui perce l’insuffisante couche de désodorisant dont les passagers du métro se sont enduit le matin et qu’ils n’ont pas renouvelée de la journée – et admettre aussi que s’ils étaient des terroristes, ils choisiraient cette heure de pointe du soir et non celle du matin pour faire sauter leur bombe, car en raison de la fatigue que tout le monde supporte en rentrant du boulot surviendrait une panique beaucoup plus rigolote qu’au matin, quand tous sont guillerets et prêts à passer un nouveau huit heures devant un écran et peuvent par conséquent jouer les héros ou fuir plus efficacement), et tous n’avaient pas, station Berri-UQAM, ligne orange, direction Montmorency, la même attitude résignée quant à l’espace qu’ils avaient la possibilité d’occuper parmi les sardines (il y a aussi, à l’occasion, dans le métro, une odeur de poisson, vous l’aurez remarqué).

Entra un homme (assez petit mais dans la moyenne, la basse moyenne, mais bon, il n’était pas nain, dirons-nous à sa décharge) à la course (et c’était une course leste et agile, puisqu’il portait des souliers de sport, et de surcroît fort élégante en raison de sa veste marron de belle coupe qui seyait parfaitement sa voussure râblée, laquelle aurait été désavantagée par une gaminet ou un col roulé ; c’eut été pire avec une couleur vive, inutile de l’ajouter), si bien qu’à l’instant j’imaginai, je ne sais pourquoi, la course de la Vierge Marie parmi la foule, implorante, leste et agile malgré la douleur, vers son fils sacrifié sur la croix. Ensuite j’imaginai la Vierge jouant au tennis avec des Stan Smith et j’en fus troublé, mais je n’eus cette vision qu’une seconde, car en se retournant pour reprendre son équilibre, l’homme à la veste marron fut coincé dans les portes par la cravate (ce qui remplaça ma vision du tennis par une réflexion à propos de combien l’histoire du monde aurait été différente si Jésus avait non pas été crucifié mais pendu – les crucifix sur les murs, partout, serait remplacés par des petites potences, les gens porteraient des pendentifs en forme de nœuds coulants, les chapelets ne seraient pas des colliers, par crainte de suicides par émulation, mais des bâtonnets encastrés de billes), déridant l’auditoire.

Une jeune fille en fut déridée plus que les autres (non qu’elle fût ridée à la base – puisqu’elle n’était âgée que de treize, quatorze ans tout au plus, pus-je en juger par le galbe de ses seins tout rondelets que mettait en valeur sa camisole Garage à 2,50$, quoique les hormones dont on surcharge le poulet de nos jours provoquent parfois prématurément la puberté chez les jeunes, c’est documenté, ce qui pourrait me faire reculer mon estimation à douze ans et demi, douze, sur la fesse – j’emploie « dérider » dans le sens de « amuser », « égayer ») et elle pouffa de rire. L’homme se fâcha. Il tenta de la sermonner mais manqua de crédibilité (autant en raison de son argumentaire – lequel tournait autour du respect minimal du prochain et de l'immoralité de se moquer du malheur des autres, argumentaire par conséquent chargé d'un larmoyant fond catholique, ce qui, en toute logique, justifie l'emploi du verbe « sermonner » dont on remarquera qu'il rappelle la parole du curé en chaire, le « sermon », et que depuis la Révolution tranquille officiellement, mais depuis bien longtemps avant dans les faits, la parole religieuse a perdu la prise qu'elle avait au Québec, alors imaginez ce qu'elle avait comme effet sur une jeune fille née en 1997 ! – que parce que sa cravate l'étouffait et qu'il geignait avec une voix de fausset) et s'enfuit dès que les portes se rouvrirent à la station Sherbrooke. La jeune fille monta le volume de son iPod (vert métallique, d'un modèle déjà vieux de quelques années, celui à roulette, vous savez, ce qui me fit soudain douter de l'âge réel de sa propriétaire, qui, si elle avait effectivement eu entre douze et quatorze ans, aurait sûrement eu en sa possession le gadget dernier cri à écran tactile qu'on peut secouer pour faire sautiller des bonshommes de jeux vidéo, étant donné la pression sociale que subissent les adolescents prompts à faire chanter leur parents qui leur achètent illico le dernier cossin condamné à disparaître en raison de l'obsolescence planifiée; une fille plus âgée, de disons, dix-sept, dix-huit ans, et donc possiblement plus raisonnable en raison de son âge, accepterait d'utiliser son même bon vieux iPod jusqu'à ce qu'il rende l'âme pour vrai) et murmura les paroles de sa chanson (ce qui me rappela qu'un jour je m'étais assis face à un jeune homme dans un wagon de métro plus calme, comme c'est drôle, quelle coïncidence! et que le volume de son baladeur était si fort que j'en reconnus la chanson, une chanson que je connais bien et dont je m'étais mis à murmurer les paroles moi aussi en me demandant si le jeune homme le remarquerait et ainsi aurait l'impression que son univers, par une intervention fantastique, prenait le pas sur celui des autres et que tous entendaient la même chose que lui) du bout de ses lèvres charnues et provocantes de candeur; vraiment, elle était jolie, cette jeune fille. Mais bon dieu, son parfum de guédaille me révulsait.

Deux heures plus tard, je revis l'homme à la cravate à la Bibliothèque nationale (laquelle n'avait pas perdu une seule lamelle de vitre dans la dernière année, une nette amélioration quant à moi, et il faut dire que depuis les incidents desdites lamelles tombées, des travaux ont été entrepris pour créer une plate-bande tout autour de l'édifice, évitant aux passants qui n'auraient pas eu la mauvaise idée de s'installer dans la plate-bande pour feuilleter leur livre de se faire défoncer par une masse de quelques centaines de kilos, comme cette pauvre jeune femme, Dieu ait son âme, qui a reçu l'an passé, alors qu'elle dînait avec son amoureux en tête-à-tête sur la terrasse d'un resto, une énorme brique s'étant détachée du mur au dessus), lisant Le monde diplomatique. Son téléphone cellulaire sonna brusquement (non qu'une sonnerie puisse sonner plus brusquement qu'une autre à proprement parler – dans la mesure où tout téléphone passe, si l'on se fie au carré sémiotique de Greimas, d'un état de non-émission à celui d'émission, ce qui ne peut placer aucun appareil au-dessus de l'autre en regard de cette fonction précise du degré zéro de l'avertissement – mais qu'il avait choisi comme timbre le début de la pièce The Runaway, de Gentle Giant, un échantillonnage de bruits de verre brisé très agressant, brusque en soi), rompant le silence de la salle de lecture. Une femme asiatique (Vietnamienne? Chinoise? Laotienne? Japonaise? Cambodgienne? Je ne sus le remarquer précisément, me trouvant par le fait même particulièrement ridicule de faire survivre ce cliché qui veut qu'on ne sait jamais identifier d'un regard une personne asiatique, me demandant si c'était le fait d'un racisme latent ou simplement d'une ignorance, et concluant qu'avant mon départ de la bibliothèque j'emprunterais un document sur l'ethnologie orientale – les Aïnus, peuple autochtone vivant au Japon et dans les îles de la Béringie, m'intéressent particulièrement) le gifla derrière la tête (une crisse de taloche).

Raymond Bock

8. PRONOSTICATIONS

D’après moi, si tu continues comme ça, tu risques de te retrouver tôt à tard à Berri-Uqam à l’heure de pointe.

— Ça se sent ces choses-là.

Tu seras tellement pressé par les événements que tu te verras contraint d’entrer en courant dans le wagon, à la seconde où les portes se referment. Comme Indiana Jones, sans le chapeau. Non, toi, tu auras plutôt le look d’un jeune cadre qui sait marier avec goût l’austérité d’une veste marron et le blanc de chaussures sport décontractées. Tu seras très tendance. En te retournant pour reprendre ton équilibre tout en gardant ta contenance, tu constateras avec désarroi que ta Giorgio Armani est prise entre les portes. Tu regarderas calmement autour de toi afin de mesurer la réaction des gens. Tu jugeras avec mépris le regard amusé des passagers, puis tourneras au violet lorsqu’une jeune fille éclatera de rire devant le ridicule de ta situation. Évidemment, tu te fâcheras et entameras un sermon que tu voudras inspiré, mais la posture grotesque dans laquelle tu te trouveras t’empêchera de trouver les mots justes, ce qui ne fera qu’alimenter l’hilarité de l’adolescente. Lorsque tu descendras à Sherbrooke pour te sortir de cette situation embarrassante, tu remarqueras que l’impertinente aura augmenté le son de son iPod, chantant tout bas un air que tu reconnaîtras sans peine, en ressentant toutefois l’ironie de la situation.

— Don’t worry be happy.

Deux heures plus tard, nous nous croiserons à la bibliothèque Nationale, toi lisant le Monde Diplomatique et moi, assis à ma table habituelle, sans doute en train d’écrire. Ton téléphone cellulaire, que tu auras négligé d’éteindre, peut-être parce que tu auras été la risée des passagers dans le métro un peu plus tôt, fera retentir une sonnerie aux airs latins totalement inopportuns et viendra anéantir le calme de la salle de lecture. Une femme asiatique, sans doute lointaine parente de Bruce Lee, passera derrière toi à ce moment précis et te donnera une claque derrière la tête qui, je n’en doute pas, parviendra à te faire réaliser que tu es devenu un rustre dépourvu de savoir-vivre.

Simon Soubresaut Brousseau

7. RÊVE

Je flotte à Berri-Uqam, j’entre dans le métro orange direction Xizhimen. Vêtu seulement d’une veste marron, porté par des Vierges Marie pures et blanches, les portes du wagon se referment sur mon phallus. Je perds l’équilibre.

Une jeune fille aux seins nus assise sur le banc juste à côté de moi se force pour éclater de rire, elle déclenche un rire gras, collectif, oppressif dans tout le train. Je me fâche, mais mon phallus coincé dans la porte ballotte mollement comme ma crédibilité qui file honteusement. Je vois une multitude de visages moqueurs et rieurs. La jeune fille qui a provoqué ce rire monte le volume de son ipod au point où tout le monde a sur les lèvres les paroles de la chanson. C’est insupportable. Je descends.

Réfugié à la Bibliothèque Nationale toujours porté par des Vierges Marie pures et blanches, je remarque que tous les visages aux yeux bridés lisent Le Monde Diplomatique, ils ressemblent à des passagers du métro, mon téléphone cellulaire sonne brusquement, mon téléphone cellulaire sonne violemment, mon téléphone cellulaire sonne constamment, la sonnerie est la chanson du métro. Une femme asiatique, dont les seins rebondissent, passe derrière moi et me frappe le derrière de la tête d’un coup de Monde Diplomatique roulé serré. À cet instant précis, je me réveille.

6. SURPRISES

Incroyable! Un métro à l’heure de pointe! Direction Montmorency! Un homme entre évitant les portes. Tchak! Diantre! Il porte une veste brune! Ce n’est pas tendance! Surtout avec une cravate de cuir coincé dans les portes.

Ah! Ah! Ah! Pouffe de rire une jeune fille. Grrr! Se fâche l’homme, dont la crédibilité est coincée avec sa cravate! Il sort en trombe et en colère à Sherbrooke! Surprise! Le volume du ipod de la jeune fille monte au rythme des paroles qui se baladent au bout de ses lèvres.

Sacré nom d’une pipe! Montréal est un village! Cent vingt minutes plus tard, je tombe sur la veste brune! Son propriétaire lit La Semaine à la Bibliothèque Nationale. Twilli! Twilli! Sonne son téléphone! Coup de théâtre! La jeune fille asiatique au ipod lui crisse un atémi derrière sa tête démodée! KIAILLE! Qu’elle fait en même temps que le vlan!

Flash Gordon

vendredi 17 septembre 2010

5. RÉTROGRADE

Paf! Sur la nuque du pauvre lecteur. À chaque univers, son big-bang : celui-ci naît du choc de la main de la Japonaise sur la tête de l’homme dont le cellulaire a laissé s’échapper une Die Walküre tonitruante, entre les rangées de la Grande Bibliothèque.

Quand elles ne le frappent pas, les femmes se moquent de lui. Deux heures plus tôt, il sortait du métro en fusil après qu’une jeune fille l’eut vu se prendre la cravate entre les portes du wagon. C’était entre les stations Berri-UQAM et Sherbrooke, il voulait jouer à l’adulte, avait mis son veston, avait plié Le Monde Diplomatique sous son bras.

S’il n’avait pas mis ces horribles souliers de course, si blancs, si juvéniles, l’envie de courir pour entrer dans le wagon aurait passé. Il aurait pris un autre train. C’était l’heure de pointe, il y en avait plein.

William S. Messier

mercredi 15 septembre 2010

4. MÉTAPHORIQUEMENT

Au beau milieu du rectiligne ver azur, aux heures et en direction du Klondike, un grand marronnier dégourdi fit vivement volte-face tout en coinçant sa corde-au-cou entre les mâchoires métalliques et claquantes d'une sésame à double-tranchant. Il chargea la sueur de son front de défendre son honneur face à une dragonesque et arborescente jeune oie du Canada qui n'avait pu retenir ses gloussements. Sa peine refusant d'être perdue devant cette jouvence implacable, il jailli à la fontaine suivante, automnal, effeuillé.
À l'intérieur même de l'utérus culturel de la nation, je recroisai sa route quelques égrènements d'aiguille plus tard alors même qu'assis en Amérique, il lisait l'Europe et se faisait souffleter par l'Asie.

Clarence L'inspecteur

3. LITOTES

Je circule sous terre avec un certain nombre de gens quand un homme se voit contraint dans ses mouvements, ce qui ne déplaît pas à une fille. Il veut lui en parler mais s'en va, et de toute façon elle n'aurait rien entendu.
Plus tard, je le revois à la bibliothèque, puni pour avoir rompu le silence.

Raymond Bock

2. EN PARTIE DOUBLE

Dans le métro, un moyen de transport plutôt vert, à l’heure de pointe et au moment de la journée où les gens se rendent travailler, à Berri-Uqam, une station achalandée. Dans la ligne orange et dont la couleur rappelle vaguement celle de l’abricot, se dirigeant en direction de, et vers Montmorency. Un homme, un mâle entre et pénètre en courant et sprintant dans le wagon et le fourgon juste au moment et à l’instant même où les portes et les issues se referment et se rabattent. Il porte et est vêtu d’une veste et d’un blazer marron et brun, des souliers, des espadrilles sports blancs coquille d’oeuf, blancs comme la Vierge Marie. En se retournant et en faisant demi-tour, pour reprendre et ressaisir son équilibre et sa stabilité, sa cravate se prend, est prise en otage par les portes.

Une jeune et gamine fille assise et posée sur le banc juste à côté et pas très loin ne peut ni s’empêcher ni se retenir de pouffer et d’éclater de rire. L’homme se fâche et se révolte. Il tente, essaie de la sermonner et de lui faire la leçon, mais sa cravate prisonnière et captive des portes lui enlève et lui retire toute crédibilité et vraisemblance.

Il descend et sort à Sherbrooke et la fille lève, hausse le son et la musique de son ipod en murmurant et en susurrant les paroles de la chanson du bout, de l’extrémité des lèvres et de la bouche.

Deux heures, 120 minutes plus tard, je croise, je rencontre l’homme, l’individu à la cravate, au bout de tissu ornemental socialement fort prisé à la Bibliothèque du peuple, la Bibliothèque Nationale. Il est en train, il s’affaire à lire et à décortiquer Le Monde Diplomatique et son téléphone cellulaire, son appareil de communication sonne et retentit brusquement, abruptement. Une femme, une nana asiatique et tout à fait orientale qui passait derrière, c’est-à-dire au verso, à cet instant précis, exact, lui donne, lui administre une claque, une taloche derrière la tête, à l’arrière de sa boîte crânienne.

Simon Soubresaut Brousseau

1. NOTATIONS

Dans le métro à l'heure de pointe. Station Berri-Uqam. Ligne orange, direction Montmorency. Un homme entre en courant dans le wagon juste au moment où les portes se referment. Il porte une veste marron et des souliers sports blancs comme la Vierge Marie. En se retournant pour reprendre son équilibre sa cravate se prend entre les portes.
Une jeune fille assise sur le banc juste à côté ne peut s'empêcher de pouffer de rire. L'homme se fâche. Il tente de la sermonner, mais sa cravate prisonnière des portes lui enlève toute crédibilité. Il descend à Sherbrooke et la fille lève le son de son ipod en murmurant les paroles de sa chanson du bout des lèvres.
Deux heures plus tard je croise l'homme à la cravate à la Bibliothèque Nationale. Il est en train de lire Le Monde Diplomatique et son téléphone cellulaire sonne brusquement. Une femme asiatique qui passait derrière lui à cet instant précis lui donne une claque derrière la tête.

Clarence L'inspecteur