Le prétexte

En hommage à Raymond Queneau, la blogosphère présente une version remixée des fameux EXERCICES DE STYLE. Un projet piloté par Clarence L'inspecteur, en collaboration avec du monde qu'il a déjà vu et du monde qu'il n'a jamais vu. N'importe qui peut participer et prendre en charge une version/contrainte. Il s'agit d'abord de la réclamer, de l'écrire, et de la publier sur son propre blogue. Elle se retrouvera finalement ici, avec un lien en indiquant la provenance. Pour réclamer une version, laissez un commentaire ici ou écrivez à l'adresse suivante: clarencelinspecteur@yahoo.ca

samedi 11 décembre 2010

42. VULGAIRE

Dans le métro à l'heure de pointe (un vendredi soir, neuf heures et demi, c'est l'heure de pointe), station Berri-Uqam. Je revenais d'un party quelconque dans le Quartier latin, un truc thématique ayant pour ligne directrice les fifties. Moi qui m'attendais voir un paquet de filles en robe de soirée dansant sur du vieux swing... Ne plus suivre les plans foireux de Vince. Quel gros connard. Le ratio couilles/seins s'élevait à 30 pour 1. Et la seule paire de boules qu'il y avait dans tout l'appartement, justement, c'était celle du gros Vince.

Je m'étais présenté là avec une seule idée en tête: fourrer. Fourrer n'importe quoi. Une grande hippie avec une tarte au poil en guise de plotte. Une p'tite grosse avec quatre seins. Une grande attardée mentale qui se prend pour Amélie Poulin même avec ma graine dans son cul. Une laide tellement maigre que j'pourrais la fourrer entre les côtes. N'importe quoi pour me faire oublier le fait que je n'ai pas baisé depuis un mois.

Mais non.

Trente mecs et pas une seule fille.

-J'ai dit à ma sœur d'inviter toutes ses amies, mais elles ne sont pas venues! qu'il m'a lâché lorsque je lui ai demandé où se trouvaient les filles dans cette soirée-là. Mais c'est pas grave, on peut avoir du fun entre mecs!

-Sure. On va se faire des crosse-boules avec tes bourrelets. Ça va être fantastique.

-Hein?

Vince a une cervelle inversement proportionnelle à son énorme cul, ce qui me permet de lui dire tout ce qui me passe par la tête et de jouir d'une période tampon de dix secondes où je peux me sauver avant qu'il ne comprenne l'étendu de mes propos.

Mais bon. Au final, je me suis retrouvé, à neuf heures et demi, au métro Berri, avec un veston brun comme mes sels et des souliers blancs comme mon smegma. Fifties all the way, except for the chicks. Un peu plus loin sur la rampe du métro, il y avait cette pouffiasse qui n'arrêtait pas de me regarder. Une grande greluche, type St-Laurent Trendy. Elle, je ne l'aurais pas touché avec ta graine. Elle avait assez de make-up dans la face pour tuer un phoque. Je me suis instantanément demandé si elle laisserait des traces de couleur sur ma bite en cas de potentielle fellation. Répugnant. Des plans pour choper le cancer du gland. N'empêche, la greluche n'arrêtait pas de me regarder en souriant. Je crois que mon look des années cinquante lui plaisait bien. Elle devait aspirer à un retour dans le temps, à l'époque où les femmes lavaient des chaudrons et les hommes leur pétaient la rondelle.

Elle m'agaçait. Tellement que j'en avais oublié de monter dans le métro. Je m'y étais inséré juste assez rapidement pour que les portes de ne me tranchent pas en deux dans le sens de la longueur, mais ma cravate, elle, ma câlisse de cravate de marde, elle n'a pas eu cette chance. Non. Elle est demeurée coincée entre les portes. Bonheur. Je me suis mis à la tirer de toutes mes forces, mais rien à faire: c'était coincée comme dans une fille de seize ans.

Puis, j'entendis un rire aigu et interminable.

Un peu plus loin dans le wagon, la pouffiasse pleine de make-up se foutait de ma gueule.

Comme toutes ces femmes faussement bronzée qui croient avoir de la classe, elle avait un rire de fille cheap. Du genre "je-masque-ma-petitesse-derrière-trente-couches-de-far-à-paupières". Ce fut instantané. Je me suis retourné et je lui ai dit:

-Continue de rire. Lâche pas. Tu vas peut-être brûler assez de calories pour éliminer ton quintuple menton.

-Hey, woah, on se calme... t'es juste... drôle...

-M'a t'en faire moi d... uh... uh....

Je m'étais élancé vers elle en oubliant ma cravate, avec pour résultat que je suis étranglé avec celle-ci et me suis retrouvé instantanément sur le sol. La truie, elle, riait comme une truie qui rit.

Sortie ratée. Alors je suis sorti à Sherbrooke. Histoire d'aller faire un fou de moi ailleurs. J'ai suivi une grande Africaine sur cinq pâtés de maison simplement parce qu'elle se déhanchait de manière impossible. Elle est entrée à la Grande Bibliothèque. Je fis de même. Elle avait de la classe. Le genre de fille qui ne se laisse pas baiser pour baiser. Alors j'ai saisi exemplaire du Monde Diplomatique qui traînait quelque part et feignit de le lire, histoire d'avoir l'air class. Puis, alors qu'elle se pencha pour mettre un bouquin dans son sac, j'abaissai ma revue - que je tenais à l'envers anyway - et observa son cul impossible en sentant mon gland d'humecter.

C'est alors que je reçus une gifle derrière la tête.

L'effet de surprise me figea sur place. Une petite Asiatique, baisable comme une écolière, me dardait du regard. Puis, d'un pas déterminé, elle alla embrasser goulument sa copine l'Africaine au cul impossible.

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